vendredi 24 juillet 2009

La fin approche

Non. Le titre n'est pas une référence au film Le voyage d'une vie (qui porte sur le suicide en racontant l'histoire d'un homme qui s'est enlevé la vie après avoir fait un voyage autour du monde avec sa famille). Vous ne pouvez pas savoir combien de personnes m'ont dit : "J'espère que tu ne vas pas te suicider après ton voyage." On me l'a dit souvent avant mon départ et plusieurs fois au cours du voyage. Et je suis certains qu'on va me la reservir à mon retour. Tellement souvent, que j'ai envie de vous en parler. Les voyages autour du monde ne sont pas une cause de suicide. Ce n'est pas ce qu'établit le film. Mais beaucoup de gens ont pris un raccourci, ont manqué le propos essentiel du film et ont associé "voyage autour du monde" à "suicide". Si ça peut vous rassurer, je ne suis pas suicidaire, ni même dépressif. Au contraire, cette année de découverte m'a permis d'élaborer de nouveaux projets avec une énergie renouvelé...

La fin approche. Dans trois jours, nous serons de retour à Halifax. Ce n'est pas tout à fait Montréal, mais comme ça fait 21 ans que j'y vais une ou deux fois par année, c'est un peu chez moi. Halifax est pour moi le lieu de ma résidence secondaire plus qu'une destination de voyage. Et puis le retour à Montréal ne tardera pas.

Je sens qu'il est temps de rentrer pour gagner la perspective nécessaire pour faire un bilan. Mais je sens aussi que ce bilan nous permettra de préparer le prochain voyage. Récemment, nous avons partagé la route avec un "jeune retraité" canadien qui voyage depuis trois ans et demi. Quand celui-ci était à Managua, il a rencontré un "vieux retraité" hollandais qui voyage depuis 17 ans! En Inde, en septembre dernier, nous avions discuté avec un Américain de 80 ans qui voyageait depuis quatre mois. Au cours de sa vie, il avait visité 76 pays. Cette fois, il avait fait l'Afrique du Sud, Madagascar, les Seychelles, l'Île Maurice et l'Inde.

Mais nous n'avons pas croisé que des "vieux" sur notre chemin. Partout des jeunes dans la vingtaine ou au début de la trentaine voyagent seuls, en couple ou avec des amis. Certains viennent de terminer leurs études et d'autres prennent une pause. Mais plusieurs ont décidé de quitter leur travail parce que celui-ci ne donnait pas de sens à leur vie. De toute façon, avec la crise, ce sont les jeunes qui se font mettre à pied. Même s'ils avaient encore un emploi, ils sentaient qu'ils avaient bien peu de valeur pour leur employeur alors ils ont préféré partir. Aussi dur que cela puisse paraître, il faut bien noter que ce sont les jeunes des pays industrialisés qui ont les moyens de tout quitter pour voyager pendant plusieurs mois. Les jeunes des pays qu'ils visitent, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, ne pourraient jamais se le permettre, même quand l'économie se porte bien.

Enfin, nous avons rencontré au fil des continents trois autres familles qui faisaient un voyage d'un an autour du monde ou, dans un des cas, dans toutes les Amériques. L'une venait du Québec, comme la nôtre, et les deux autres de l'Alberta. Curieuses coïncidences. Des Européens de plusieurs pays, notamment de l'Allemagne, de la Suisse et des Pays-Bas, nous ont affirmé qu'ils ne pourraient jamais retirer leurs enfants de l'école pour un an, que même quelques jours ce serait difficile. Est-ce vrai ou est-ce seulement ce qu'ils pensent, conformément à leur propre mentalité? Qu'est-ce que ça leur coûterait de demander? Est-ce que, on fond, ça ne les arrange pas de penser que c'est impossible?

S'il y a une chose que j'ai retenue de mon expérience (c'est déjà le début du bilan), c'est qu'on peut se donner les moyens de ses rêves. Des difficultés, on en rencontre tous les jours de toute façon et probablement plus quand on décide de ne rien faire (car ça reste une décision) que lorsqu'on relève des défis. À chacun de trouver les siens.

2 commentaires:

Agnès a dit…

C'est cool, nous allons enfin trouver à qui parler !

Le club des tourdemondistes de l'école Élan ! et de deux !

En France on ne peut pas retirer ses enfants de l'école mais il existe des cours par correspondance avec le CNED. Il est possible que cela soit pareil ailleurs en Europe.

Je vous embrasse.

Agnès

Unknown a dit…

Pas si sur que ça que tu aies envie de rentrer... à moins que ce ne soit pour mieux repartir.
Pour ce qui est du suicide, la fragilité de ce père était déjà bien présente avant le voyage et le blues du retour n'a fait que l'accentuer.

En touts cas, on a bien hâte de vous revoir tous. On va vous laisser souffler un peu, retrouver la famille, etc. mais on veut vous voir le plus vite possible. C'est une invitation!

A bientôt,

Frank