vendredi 12 juin 2009

La grande séduction

Chaque fois que nous posons les pieds sur un nouveau continent, que nous abordons un nouveau pays, nous tombons sous le charme de ses paysages, de ses traditions et de sa cuisine. Nous adorons faire de nouvelles rencontre et recherchons les échanges avec les habitants. Il suffit de connaître quelques mots dans la langue de nos hôtes pour "briser la glace" et poursuivre la conversation en anglais en faisant attention de ne pas utiliser d'expressions trop régionales. "Breaking the ice" n'est pas une expression très connue en Afrique, même s'il y a de la glace au sommet du mont Kenya!

Au Kenya, justement, nous avons appris a dire "jambo" pour dire "bonjour" et "acouna matata", leur expression préférée, pour dire "pas de problème". Nous avons aussi appris les noms des animaux, à compter jusqu'à dix, à demander "Comment ça va?" et à répondre "Ça va bien". Evidement, c'est intéressant - et charmant - d'essayer de parler aux gens dans leur langue plutôt que d'utiliser l'anglais, mais ouf! ce n'est pas facile. En Inde, en Thaïlande et au Laos, nous avons aussi appris quelques mots, mais alors là, moins qu'en swahili. Seulement "bonjour", "s'il vous plait" et "merci". D'autant plus qu'en laotien, la langue change selon que le locuteur est un homme ou une femme.

C'est vrai qu'en Australie et en Nouvelle-Zélande on communiquait dans la langue du pays, ce qui nous permettait de rencontrer facilement les gens. Mais comme c'était en anglais, ce n'était pas très exotique. C'était un peu comme voyager en Ontario (mais seulement pour la langue!).

Depuis que nous sommes arrivés en Amerique du Sud, il se passe quelque chose... Il y a cette langue qui nous fait de l'oeil. Nous la fréquentons depuis un certain temps déjà et avons développé avec elle une belle complicité. Tout ne doit pas être pris pour acquis cependant. C'est que chaque fois que nous changeons de région ou même de ville, comme pour se laisser désirer davantage, elle change d'accent. Nous peinons même parfois à la reconnaître! Mais elle nous a séduits et nous ne lésinerons pas sur les moyens pour l'apprivoiser. Car c'est une chose de savoir commander un café en espagnol et s'en est une autre de comprendre le cynisme d'une mère qui baptise sa fille Dolores. A La Paz, nous avons eu la chance d'être invités à dîner dans une famille. C'était un grand plaisir de partager un repas avec eux et de pouvoir écouter Beatriz, Fabian et leurs enfants nous décrire leur vie quotidienne et nous confier leurs rêves.

Tout ça pour dire que j'adore voyager en Amérique du Sud et en Amérique centrale parce que l'espagnol ajoute une nouvelle dimenssion au voyage. Langue étrangère sans l'être tout à fait, elle est à la fois familière et exotique. Ses sonorités s'amusent dans notre bouche et se jouent de notre langue (celle qui est rose). Elle est plus qu'un sixième sens qui s'ajoute aux cinq autres pour saisir le monde qui nous entoure. Elle est la clé qui en ouvre la porte.

Aucun commentaire: