dimanche 5 avril 2009

Coup de coeur pour Buenos Aires

Nous sommes arrivés à Buenos Aires par l'autobus de nuit en provenance de Mendoza il y a cinq jours. À huit heures du matin, c'était la cohue de l'heure de pointe. Le taxi nous a emmenés à l'hostel Tango, situé dans le quartier San Telmo dans un dédale de rues encombrées. Après une petite sieste pour poursuivre la nuit trop courte, nous sommes sortis explorer. Et puis, boum! Coup de foudre.

Le quartier La Boca et ses maisons colorées, où loge aussi la célèbre équipe de soccer La Boca Junior, alma mater du non moins célèbre Diego Maradona. Le quartier ultra moderne de Puerto Madero. Les grandes avenues et les petits cafés... Tout le monde le dit, Buenos Aires ressemble à Paris. C'est vrai, mais pas toujours et seulement pour l'architecture. Au 19e siècle, l'Argentine était, paraît-il, un pays très riche et les Porteños (les habitants de Buenos Aires) voyageaient beaucoup, notamment en France. Et l'Argentine a aussi attiré beaucoup d'immigrants européens. Donc, influences.

Mais Buenos Aires est tout ce qu'il y a de plus Argentin. Les gens prennent souvent deux ou trois heures pour dîner et faire la sieste avant de retourner au travail jusqu'à 21h. Ils prennent une collation vers 18h, se font à souper à 22h et se couchent tout de suite après. Alors inutile d'aller au restaurant à 20h, il n'y a personne. À 21h ça commence à arriver et à 22h c'est presque plein. Le vendredi et le samedi, on peut encore trouver une table sans problème à 1h du matin. Pour aller danser, c'est encore "pire". Une boite de nuit à BA (pour les intimes) est littéralement une boite "de nuit". L'une d'elles fait de la publicité en annonçant un prix d'entrée réduit pour ceux qui arrivent avant 1h30 (du matin, oui). Il y a encore une file sur le trottoir à 4h et les gens rentrent chez eux entre 7h et 10h. Certains Porteños nous ont dit que c'est une raison de sécurité, qu'il vaut mieux rentrer chez soi quand il fait clair le matin venu. Ah oui? Et alors ce n'était pas dangereux pour y aller? ...

"Notre" quartier, San Telmo, est fait de rues étroites remplies de galeries d'art contemporain, de cafés, de restaurants et de bars tantôt vieillots et tantôt branchés. L'Argentine étant le pays du boeuf, certains restaurants ont leur propre boucherie à l'intérieur! On vous sert des portions gigantesques de viande tendre et savoureuse pour trois fois rien.

Hier soir (4 avril), nous sommes allés voir une milonga, une soirée de tango dans une salle de bal. Pas un spectacle pour touristes, mais une vraie salle de danse pour les amateurs de tous âges. Quand nous sommes arrivés, vers minuit, il n'y avait pas encore grand monde, mais la salle commençait à se remplir quand nous sommes partis vers 1h30. C'était magnifique de voir tous ces couples, certains âgés et expérimentés, certains jeunes au style déjà assuré et d'autres qui s'initiaient à cet art qu'ils portent en héritage. Avons-nous dansé? Mais non! On ne s'improvise pas danseur de tango à Buenos Aires! Ce serait comme pour un Argentin se joindre à un match de hockey au parc Lafontaine... le désastre!

Aujourd'hui (5 avril), nous avons pris l'autobus pour nous rendre à la feria de Mataderos, un quartier populaire en banlieue de BA. Une authentique foire d'artisanat avec ses kiosques d'articles en cuir très typiquement argentins, de matte (un genre de thé argentin) et de produits du terroir. Sur une grande scène se sont succédés sans interruption des ensembles de musique; et les gens dans la rue, certains en costumes traditionnels, dansaient des danses folkloriques. Derrière la scène, d'autres kiosques vendaient des empanadas, tortillas, panchoros et panqueques con dulce de leche. À une extrémité de la feria, des gauchos (les cowboys argentins) faisaient un jeu d'adresse dans lequel ils s'élançaient à fond de trains sur leur monture et essayaient d'attraper avec une baguette un anneau de 2 cm suspendu au dessus de la rue!

Buenos Aires est une vieille ville qui a connu de meilleurs jours, il faut bien le dire. Mais les Porteños la font vibrer en mélangeant les rythmes du passé à ceux du présent. Elle est en train de vivre une véritable renaissance et je ne serais pas surpris qu'elle rivalise bientôt avec d'autres grandes destinations. J'y resterais bien un peu plus longtemps, mais il y a tant d'autres choses à découvrir. Il faudra revenir!

6 commentaires:

Laurent a dit…

Mmm, quel beau texte ! J'ai rêvé tout le long de ma lecture que j'y étais, merci pour cette petite pause dans ma journée :)

Agnès a dit…

Heureuse d'avoir participé à la motivation de Julien !!!!

Gros bisous

Anonyme a dit…

et ici il neige !

Anonyme a dit…

Bravo! Buenos Aires est une de mes villes préférées et je suis content qu'elle vous ai séduite également.
Bonne continuation.
En passant, j'ai besoin que vous me contactiez rapidement par courriel au sujet des 25 ans d'ÉLAN.

Frank

Anonyme a dit…

WOW, j'aimerais tant y être!

J-F tu écris bien (et Patricia aussi bien sûr!) On va vendre vos récits de voyage pour financer la Coop de café du Nicaragua! :)

Jacinthe

Anonyme a dit…

Ah,Buenos Aires, une autre belle aventure!
Quand est-ce qu'ils travaillent, ces Portenos? C'est la vraie vie nocturne. Je ne survivrai pas longtemps, mais je vous accompagne partout dans mes rêves.

Joyeuses Paques

Lise