lundi 17 novembre 2008

Rien à voir à Nasik

Nasik est une ville ordinaire : pas de forteresse, pas de palais, pas de plage, pas de vie nocturne. C'est une ville de l'Inde profonde et c'est ce qui fait son charme. C'est ici qu'on voit les "vrais" Indiens faire leur petite affaire. Aucun touriste ne vient à Nasik. Les gens sont tellement peu habitués à voir des Blancs qu'on se fait beaucoup regarder par tout le monde et parfois aborder par les jeunes qui veulent savoir d'où l'on vient. Personne n'essaye de nous vendre quoi que ce soit, ni un ballon de plage, ni un collier, ni une chemise.
Nasik est aussi une ville totalement hindoue. C'est ici qu'on retrouve les vaches qui se promènent tranquillement, même au marché. (On les avaient perdues de vue à Goa.) Imaginez un peu le marché Jean-Talon un samedi matin, mais sans les tables. Chaque marchand est installé par terre (littéralement sur la terre), avec ses légumes empilés joliment en pyramides colorées, et des vaches qui déambulent paisiblement au milieu de la foule.
A quelques pas du marché, au coeur de la ville, coule l'une des rivières les plus sacrées de l'Inde. L'eau est noire, visqueuse, et charrie son lot de déchets, de fleurs et de lampions, ces derniers offerts pour obtenir les bonnes grâces des dieux. Et au milieu de tout cela, des femmes, dans l'eau jusqu'au genoux, lavent les vêtements de leur mari et de leurs enfants. Un peu plus loin, des hommes élégants assis sur un tapis vous proposent de lire les lignes de votre main dans le concert des klaxons des rickshaws. Mais, je me répète, pas pour les touristes. Les hindous ont des croyances très anciennes et très profondément ancrées.
Non, il n'y a rien à voir à Nasik sinon les Indiens dans leur univers. C'est un musée ethnologique vivant. C'est une chose de savoir que les vaches sont sacrées en Inde. C'en est une autre de voir les Indiens, qui par ailleurs mettent des satellites en orbite autour de la lune, vivre quotidiennement avec leurs croyances. Mais est-ce si différent que d'allumer un lampion a l'église, de prier Saint-Etienne, de baiser la bague de monseigneur?

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Agnès me confiait hier soir avoir éprouvé le sentiment d'envie en regardant vos photos de la plage et vos descriptions de Benaulim...
Je partage son sentiment et je vous souhaite d'en profiter au maximum.
Merci de continuer à nous rappeler de bons souvenirs et à nous faire rêver à notre prochain voyage...

Frank